L'audit-conseil frémit, les recrutements aussi

Quand d'autres secteurs réduisent la voilure, l'audit et le conseil continuent de recruter. Un nombre d'embauches qui connaît même une hausse par rapport à l'an passé. Mais si les grands cabinets en général privilégient toujours les jeunes diplômés des écoles de commerce et d'ingénieurs, PricewaterhouseCoopers s'ouvre aussi aux universitaires.

Une valeur refuge pour les jeunes diplômés ?

Un nombre d'embauche en légère progression amène un afflux de candidatures des jeunes diplômés. Résultat : plus que jamais le stage en cabinet devient décisif pour creuser la différence.

Certes, le temps n'est pas encore au grand beau. Mais les Big Four de l'audit et du conseil voient lentement s'éloigner la grisaille. Résultat : Ernst & Young, Deloitte, KPMG et PricewaterhouseCoopers, affichent globalement les mêmes perspectives en matière de recrutement pour cette année : un nombre d'embauches en très légère hausse par rapport à 2009. Une prudence revendiquée, car si la reprise est mesurable, le clan des quatre reste prudent. De nouvelles missions semblent se débloquer, mais la volonté des clients pour réduire les coûts reste forte. Une prudence néanmoins tournée vers l'optimisme, comme le confirme Isabelle Grevez, DRH de PWC. « Les recrutements seront sans doute un peu supérieurs à ceux effectués l'an passé, soit 750 jeunes diplômés dont 350 stagiaires » (lire interview). Mais chez PriceWaterhouseCoopers comme chez ses concurrents, on se réserve la liberté d'augmenter ces prévisions en cas de décollage plus affirmé des marchés. Une augmentation des recrutements qui privilégiera toujours les jeunes fraîchement sortis des écoles de commerce et d'ingénieurs restent des candidats privilégiés des cabinets d'audit.

Un afflux de candidatures plus important

Le niveau toujours égal, voire légèrement supérieur des recrutements dans ce secteur cette année, pose pourtant un problème aux recruteurs de ces grands cabinets. Car la chute brutale des offres dans de nombreux autres secteurs, a transformé l'audit et le conseil en valeur refuge vers lequel se tourne un nombre de jeunes diplômés plus importants qu'auparavant. Une réaction logique, puisque, selon une récente étude de l'Afij (Association pour faciliter l'insertion professionnelle des jeunes diplômés) seuls 36 % des étudiants sortis des écoles en 2009 sont aujourd'hui en poste. Ce recours aux cabinets amène une hausse de près de 30 % du nombre de CV sur les bureaux des recruteurs des Big Four. Des candidats pas toujours en phase avec la réalité du secteur, comme le confirme Isabelle Grevez. « Nous ne manquons pas de CV extrêmement intéressants. Mais l'essentiel sera de distinguer les candidats vraiment motivés par nos métiers très particuliers ». Cette conjoncture particulière crée aussi un nouveau phénomène, celui de l'attentisme. Certains candidats, qui ont passé le cap des sélections, se montrent réservés quant à leur réponse, sans doute dans l'attente d'une autre offre, dans un secteur qui leur convient mieux. Un attentisme pas franchement synonyme de motivation. Et c'est bien pour détecter cette implication des jeunes dans l'audit et le conseil, que les quatre grands ont de plus en plus recours au test ultime que constitue le stage pour découvrir le vrai potentiel des jeunes diplômés.

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Recruteurs